Un petit billet d’humeur contre ces idées reçues bien malpensées.

Voilà plusieurs audiences durant lesquelles je défends des pères séparés, très impliqués dans la vie de leurs enfants, qui se voient brutalement rejetés par la mère au motif qu’étant intermittents du spectacle ils ne peuvent soit-disant fournir à leurs enfants la stabilité nécessaire à sa vie.

Et voici plusieurs fois que j’entends plaider que la multiplicité des fiches de paie, les horaires et jours de travail variables, et les revenus hautement incertains sont une cause légitime pour priver ces enfants de la présence paternelle ou la réduire à portion congrue.

Qu’est ce que cette bêtise?

Ces hommes (mais bien entendu, cela s’applique aussi à vous, Mesdames intermittentes du spectacle) sont présents dans le quotidien de leurs enfants et, fréquemment ils ont beaucoup plus de liberté que les autres car ils ont des journées entières de liberté.

Depuis quand faut-il, pour être un parent acceptable avoir un emploi de fonctionnaire?

Dois-je rappeler que nos revenus, nous avocats, sont totalement variables, que nous n’avons ni sécurité de l’emploi ni garantie de salaire, que nos audiences nous amènent à varier nos jours et heures de travail de façon non négligeable? Pourtant, personne n’aurait l’outrecuidance de considérer que cela fait de nous des parents de seconde zone.

Il est facile de gérer la situation, de prendre en compte les disponibilités de chacun en fonction de son agenda, même variable, il suffit de prévoir un délai de prévenance.

L’enfant a été fait à deux et chacun des parents doit respecter l’autre dans ce qu’il est.

Depuis quand un intermittent devrait-il avoir à choisir entre travailler et voir son enfant parce que la justice aveugle aurait fixé un droit de visite et d’hébergement intangible?

Il est simple de résoudre ce problème.

Il faut un peu de bonne volonté et d’amour pour ses enfants.

Il suffit de prendre en compte la situation effective du parent, de voir en pratique comment et quand il est informé de ses missions.