Il m’est arrivé de pester contre l’attitude de certains juges, aujourd’hui je tiens à rendre hommage à d’autres qui ont la conscience professionnelle de prendre acte du besoin des justiciables.

La semaine passée, j’avais une audience en grande banlieue devant un JAF en fin de matinée. Tout le monde était très à l’heure mais le confrère adverse avait deux audiences quasi en même temps et avait visiblement décidé de ne pas tenir compte de l’existence d’autrui.

Nous l’avons donc attendu, attendu, attendu… La matinée était terminée et l’heure du déjeuner bien entamée que nous attendions toujours ce confrère.

Le juge ayant une audience en tout début d’après midi s’inquiétait de la nécessité éventuelle d’un report car elle ne pouvait empiéter d’une audience sur l’autre, par respect pour les justiciables de l’après midi.

Je lui ai fait valoir la difficulté d’un tel report pour un couple en rupture avec des enfants, les conséquences psychologiques et financières de ce renvoi, ce qu’elle a compris.

Le juge a donc décidé, sans rien dire ni aux justiciables de se priver de déjeuner, de même que sa greffière, pour que l’affaire puisse être entendue.

Finalement le confrère est arrivé, sans un mot ni d’excuse, ni de remerciement…

J’ai remercié le juge et le greffier de leur gentillesse et j’en ai informé mon client, pour qu’il prenne conscience que la justice n’est pas qu’une grande machine de fonctionnaires sans coeurs.

Cette anecdote n’a rien d’exceptionnelle et nombreux sont les magistrats qui sacrifient leur confort personnel à la nécessité des affaires. A ceux là merci, et je continuerai à stigmatiser les autres (et les confrères gougnaffiers comme celle de ce dossier, qui j’espère me lira et se reconnaîtra).