Parisienne jusqu’au bout de mes ongles peu manucurés, je suis née, travaille et demeure ici, même s’il est vrai que j’ai dorénavant une campagne comme l’on dit.

J’en ai entendu des vertes et des pas mures, sur le 75 de ma voiture ou mon état d’avocat au barreau de Paris.

Etre parisien n’est pas nécessairement être insolent, insultant ou hautain.

Lorsque l’on dit « a Lille il y a telle habitude » ou à « Marseille il fait beau » ou encore à « Poitiers nous avons tel beau musée », personne n’y trouve à redire. Mais il suffit que le mot Paris soit prononcé pour que l’on entende des tollés sur la parisianisme réel ou supposé du propos!

Il y a une vingtaine d’années, jeune avocate allant plaider pour son patron à Metz, les premiers mots que m’adressa le Président de la Cour furent: « vous savez Maître, nous avons d’excellents avocats à Metz ». Quelques temps plus tard, ce fut un confrère d’Auxerre qui me fit attendre sa venue à l’audience si longtemps que je ratais le dernier train pour rentrer.

Je croyais ce temps passé et voilà qu’en présence de 5300 confrère, je m’aperçois à nouveau de cet ostracisme fatigant.

Les uns mes disent Parisienne mais néanmoins sympathique (merci), les autres se plaignent à moi de l’attitude hégémonique du barreau de Paris (la moitié des avocats de France) et, peut-être le pire, les derniers font un soupir lorsque j’indique mon état de parisienne (car il est d’usage de se présenter, nom et barreau)…

C’est fatigant, injuste et surtout ridicule.

La France est un pays hyper centralisé, la capitale attire depuis des lustres trop de monde, la masse fait la puissance et surtout la différence.

Nous savons tous que Paris manque de douceur de vivre mais que la vie y est trépidante et variée, avec moins de querelles de clocher (devrais-je dire de barreaux) et plus d’agressivité entre inconnus.

A chaque lieu, chaque état ses avantages.

Les provinciaux (ce mot n’a rien d’insultant) ne sont pas des ploucs et les parisiens ne sont pas des …