Il est possible lors de l’audience de conciliation d’accepter le principe du divorce, je l’ai déjà expliqué.

Mais il faut savoir parfois être prudent et le juge aux affaires familiales se doit d’être particulièrement attentif à la compréhension par le justiciable de ce qu’il accepte.

Ce n’est pas un credo, c’est un choix qui doit être libre et éclairé.

Il faut savoir être à l’écoute de la personne qui se trouve stressée par l’audience, qui n’a aucune connaissance du monde judiciaire ni de son langage et pour laquelle il est parfois difficile de répondre non à un juge qui insiste.

Alors aujourd’hui, pour la première fois de ma carrière j’ai poussé une cliente à refuser de signer ce procès verbal. C’est une femme intelligente mais qui est en grande souffrance et très stressée par sa situation actuelle, au point de perdre tous ses moyens. Lorsque nous en avions parlé à mon cabinet, elle voulait faire reconnaitre les fautes de son époux, cela lui semblait nécessaire à sa reconstruction. A l’audience elle ne savait plus, le juge insistait sur l’intérêt supposé de cette acceptation et tentait de faire pression en utilisant un langage technique et juridique.

Elle semblait perdue, ne comprenait pas si cela allait jouer sur ses demandes en conciliation, n’osait pas. 

Mon rôle d’avocat est d’aider mes clients à prendre des décisions en toute liberté, c’est pourquoi je lui ai conseillé de refuser de signer, d’attendre d’avoir mûrement réfléchi puisque cette acceptation peut se faire plus tard.