Mes clients, et c’est bien normal, veulent préparer avec moi l’audience, les plaidoiries, savoir à l’avance ce que je vais dire exactement et avoir une prévisualisation précise de l’audience.

Je prévois donc systématiquement, quelques jours avant l’audience, un rendez-vous, téléphonique ou au cabinet, à ce sujet.

C’est l’occasion de réexpliquer au client le déroulé précis de l’audience, les prises de parole des uns et des autres, les usages en la matière.

C’est aussi le moment idéal pour que le client nous informe des derniers développements éventuels, étant précisé qu’en général à ce moment il est un peu tard, voir carrément trop tard pour envisager une demande ou une pièce nouvelle.

Mais pour ce qui concerne la plaidoirie elle-même, il est impossible de satisfaire le désir de prévisibilité du client. Par nature une plaidoirie ne saurait être figée. Ce n’est pas une tirade que l’on fignole à l’avance et que l’on récite ensuite textuellement, c’est même tout le contraire. Il faut savoir réagir à la demande de chaque juge, à l’ambiance de l’audience, à l’attitude ou les propos de l’autre, bref cela implique une bonne connaissance du dossier et une indéniable capacité d’improvisation. C’est pour cela qu’il faut toujours être totalement franc avec son avocat car à l’audience il doit pouvoir réagir en toute confiance sans risquer une chausse trappe tendue par le silence, ou pire, le mensonge, de son propre client.

Alors pour préparer le dossier, on relit ses pièces, les pièces adverses, les dernières écritures, les informations récentes et l’on fait une synthèse mentale ou écrite, chacun sa façon avant de plaider et puis ensuite vient la qualité du plaideur lui-même et ça c’est comme un talent d’acteur ou de cuisinier, c’est inhérent à chacun et propre à sa personnalité.