Selon l’article 270 du code civil, « l’un des époux peut être tenu de verser à l’autre une prestation destinée à compenser, autant qu’il est possible, la disparité que la rupture du mariage crée dans les conditions de vie respectives« .

Cette prestation compensatoire peut paraître particulièrement injuste puisqu’elle est due nonobstant la faute. L’époux bafoué, quitté est souvent extrêmement blessé de voir que peu importe la faute commise par son conjoint, il va devoir, en plus de la liquidation du régime matrimonial lui verser une somme conséquente.

Si la volonté du législateur de 2004 est clairement de séparer la faute de la prestation compensatoire de façon à ne pas donner au plus « riche » des époux une sorte de passe droit pour les fautes, comme le faisait l’ancien divorce, il n’en demeure pas moins que dans certains cas cette prestation compensatoire serait réellement intolérable.

C’est pourquoi le dernier paragraphe de ce même article prévoi que « le juge peut refuser d’accorder une telle prestation si l’équité le commande, soit en considération des critères prévus à l’article 271, soit lorsque le divorce est prononcé aux torts exclusifs de l’époux qui demande le bénéfice de cette prestation, au regard des circonstances particulières de la rupture. »

Il faut donc se questionner sur les circonstances particulières de la rupture qui sont ainsi visées Attention, il ne s’agit pas de la faute elle-même et il est clair que celle-ci n’est pas exonératoire de la prestation compensatoire, mais des modalités de rupture

Nous manquons encore de jurisprudence précise mais il est probable que l’on peut ici prendre en considération les ruptures brutales dans des circonstances particulièrement choquantes

Il y a donc là une piste à suivre, lorsque les circonstances de la rupture le permette, pour éviter la prestation compensatoire