Les propos outranciers tenus par les opposants à ce projet de loi m’amènent à sortir de ma réserve habituelle car la règle générale de la démocratie me semble être le respect de l’opinion d’autrui et de sa personne. Profiter d’un débat politique pour tenir des propos homophobes est intolérable, quel que soit l’avis de chacun, de même que la violence langagière dévelopée par certains. 

Il faut arrêter de tergiverser sur les avancées évidentes de la société dans laquelle nous vivons. Le mariage des couples de même sexe est une avancée inéluctable de nos sociétés européennes, comme nous l’ont déjà démontré nos voisins espagnols et belges. Leur expérience vécue, et déjà relativement ancienne, permet de s’apercevoir que, contrairement aux allégations des adversaires de la réforme, cela n’a en rien bouleversé la société ni le mode de vie des belges ni des espagnols. 

Nos voisins se marient, divorcent et nous refuserions…que refuserions nous d’ailleurs: les couples homosexuels existent et vivent ensemble, ils s’aiments comme les autres et désirent que cet amour soit reconnu dans l’institution laique qu’est le mariage français. De quel droit le refuserions nous? 

  • Au motif qu’un couple doit pouvoir enfanter, c’est ridicule, nous ne refusons pas de marier des sexagénaires (pourtant ils ne peuvent enfanter) et n’exigeons ni certificat médical de fécondité ni engagement à faire des enfants…(heureusement).

  • Au motif que la bible dit…peu importe ce qu’elle dit, nous sommes un pays laïc et qui le revendique haut et fort, les religions n’ont pas ici voix de cité (et je laisse ça d’autres plus compétents que moi de contester les propos des religieux)

  • parce que cela poserait problème qu’un couple homosexuel élève des enfants? ces enfants existent déjà, ce n’est pas la loi qui les a créé. Ils sont fort nombreux et la loi prévoit d’ailleurs que le fait qu’un enfant soit élevé par des homosexuels n’est en rien cause de danger ni raison pour lui retirer l’enfant ou lui interdire d’en avoir la résidence.

  • parce que cela ouvrirait la voix de l’adoption? comment peut-on raisonnablement envisager que des enfants seront mieux à la DDASS, en foyers, en famille d’acceuil qu’avec des parents aimants.

  • pour la PMA (procéation médicalement assistée): la question n’a rien à voir avec le mariage pour tous, elle touche la vision globale que la société française a du « droit à l’enfant ». Si nous considérons que chaque couple stable a droit à avoir un enfant qui soit génétiquement de l’un de ses membres du fait d’une impossibilité médicale de procréer naturellement, alors il serait discriminant de refuser aux couples homosexuels ces mêmes droits

  • pour la gestation pour autrui: elle est aujourd’hui interdite en France, cette question n’a donc absolument rien à voir avec les couples homosexuels et leurs mariages, elle concerne une autre difficulté, et tous les couples devront être traités identiquement
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