Les juges doivent appliquer la loi en tenant compte de la réalité de la situation, et les avocats sont là pour faire valoir les droits de chacun tout en donnant une image des faits réels.

Mais en réalité la vérité de ce qui se passe dans le couple n’est connue que d’eux, une partie est indicible comme peut l’être la douleur de leur séparation.

Pour que le consentement mutuel soit possible, pour que la communication reprenne, il faut que les époux soient parvenus à surmonter cette douleur et qu’au-delà leurs différents ils arrivent à retrouver des vérités communes sur lesquelles ils pourront baser leur nouvelle communication.

Mais lorsque cet état amiable est impossible, le juge doit trancher. Chaque avocat va alors présenter la vérité de son client, nécessairement unilatérale et parcellaire et l’autre époux s’en sentira choqué ce qui aggravera le désaccord. Quand au juge, il tentera de trouver, entre ces deux vérités une voix acceptable et juridiquement viable.

Il appartient aux avocats de tenter d’aider leurs clients à faire ce deuil, à avancer en leur expliquant par exemple les possibilités de la médiation familiale ou du droit collaboratif mais aussi en servant de courroie de transmission, de tampon, entre les époux.

Souvent, le temps ayant fait son œuvre, si les avocats ont évité de blesser inutilement, d’aggraver les relations, alors la communication reprend.

Mais parfois cela n’est pas possible, la situation est telle qu’aucune discussion n’est envisageable, c’est alors la guerre judiciaire absolue. Pour l’avocat cela ne pose aucun problème, aucune difficulté. Mais psychologiquement c’est extrêmement dur à subir pour le client et par ricochet pour sa famille.